*parus dans la "Lettre des Amis"
proposé par Michel Geisler
Cet article a été publié, dans la "Lettre des Amis" de l'été 2004.
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L'emblème représentatif de
Venasque remonte à des temps immémoriaux, bien antérieurs à l'ère
chrétienne. De multiples influences y ont conjugué leurs significations
symboliques. Dans sa forme achevée, dont les caractères se sont fixés
dès avant le ème siècle, on le décrit en termes héraldiques comme «une croix grecque, pattée, cléchèe, vuidiée et pommeïée ».
Les branches sont égales (c'est pourquoi on qualifie la croix de grecque} et vont en s'élargissant du centre vers
l'extérieur (pattée ou atésée) ; les
extrémités se referment en formant une pointe saillante dont le dessin
rappelle les poignées des vieilles clés {cléchèe} ; la
consistance est évidée de manière à faire apparaître à l'intérieur une
croix plus petite {vuidiée}, enfin, les points
saillants, au nombre de douze, sont couronnés de boules {pommetée}
réparties à raison de trois par branche. Dans les armes de la Maison de
Venasque, décrites dès 1043, la croix était d'azur sur champ d'or. Dans
celles de la famille apparentée de Gigondas, les couleurs devenaient
d'argent sur fond d'azur. Chez les Comtes de Toulouse, qui se sont
appropriés l'emblème, en étendant leur pouvoir par voie d'épousailles
sur la Provence septentrionale, les couleurs passent à l'or sur fond de
gueules (rouge). Au cours des siècles suivants, les régions
environnantes en ont fait leur signe distinctif et, dans tout le pays
où l'on pariait la langue d'oc, on la vit foisonner sur les blasons,
les bannières, tes sceaux, et les monnaies. La croix de Venasque,
rebaptisée croix de Toulouse, appelée parfois à tort croix de
Languedoc, se pare maintenant du titre de croix occitane. Les douze pommettes ont particulièrement retenu l'attention de ceux qui veulent interpréter les signes. Douze, le nombre sacré qui confère la maîtrise de l'univers saisi dans ses trois modes, spatial comme les douze maisons du zodiaque, temporel comme les douze mois de l'année ou spirituel comme les douze marches initiatiques qui hisse le sage jusqu'à la Connaissance suprême. Douze aussi comme les rayons de lumière dardés par le soleil ou ces étoiles qui ponctuent le dôme céleste, en marquant les heures, et que l'œil exercé des mages sait distinguer dans les nuits les plus obscures. Beaucoup d'auteurs inspirés par l'ésotérisme évoquent les croix discoïdales qui seraient une représentation du disque solaire, lequel dans sa révolution annuelle parcourt les quatre saisons. Les légions propageront dans tout le monde romain la religion de Mithra, intermédiaire céleste envoyé par le dieu de la Lumière avec ses douze compagnons. Les adeptes de ce rite oriental véhiculeront son insigne mystique, une croix tréflée comme un talisman et porteuse des mystères de Zoroastre. N'aurait-on pas célébré à Venasque le culte mithraïque à l'endroit où s'élève maintenant le baptistère ?. Notons aussi qu'en Gaule cisalpine on honorait déjà d'autres croix dites celtiques à branches égales et cléchées, venues des brumes nordiques dans les bagages des hordes migrantes ou apportées d'Orient par les marchands qui sillonnaient la Méditerranée. Le monde chrétien reprit la symbolique à son compte. Il donna au signe de la croix une valeur dominante. Dès la fin du deuxième siècle, on célébra des configurations variées, inspirées ou dérivées des modèles païens, mais aussi profondément marquées par le chrisme trinitaire des premiers temps de l'Église, composé de la lettre grecque X entrelacée avec la lettre P, où l'on déchiffrait l'anagramme de Christos. Ce symbole du Christ, le plus souvent, était complété par les signes alpha et oméga. Parmi les nombreuses représentations emblématiques dont certaines vont conduire au dessin de la croix de Venasque, se détache une ligne évolutive où l'on distingue singulièrement la croix grecque croisée, puis la croix copte (qui se relie peut-être à la croix ansée d'Osiris), la croix de Constantinople, la croix nestorienne dont on retrouve une représentation aux confins du Turkestan chinois et la croix wisigothique arienne ; certains dans leur lancée voudraient y ajouter la croix des Cathares alors que, pour ces purs, l'instrument de supplice du Christ n'a jamais été un objet de dévotion. |
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La cité de Venasque s'est également
placée sous sa protection. Au pied du rocher, le prieuré, issu d'une
villa romaine, où les templiers installèrent une commanderie passée
ensuite aux Chartreux, porte encore son vocable. Le triptyque qui
ornait le chœur de l'église - maintenant conservé au musée du Petit
Palais - montre son portrait en armure sur l'un des panneaux. Faut-il
voir dans cette ferveur l'origine de la croix dont la terre de Venasque
a fait son emblème et dans laquelle l'interprétation chrétienne veut
reconnaître tout à la fois l'unité de la Trinité proclamée aux quatre
points cardinaux, mais aussi les quatre éléments, les douze apôtres ou
les douze portes de la Jérusalem céleste? L'antériorité des seigneurs
de Venasque, le fait qu'ils aient été les premiers à orner leur blason
de cet insigne typique, recueille l'avis concordant de la grande
majorité des historiens. Cette attribution est mentionnée dès l'an 1080
à Marseille. On trouve la croix avec toutes ses caractéristiques sur un
sceau de la famille de Venasque datant de 1094. Elle décore le tombeau
de Geoffroy de Venasque à l'abbaye de Senanque, ainsi qu'une pierre
tombale conservée au baptistère. A Sarrians dans la chapelle de la
Sainte-Croix construite par le comte Boson vers 950, on peut voir une
dalle funéraire portant une croix semblable. Plus incertaine est la
filiation avec la stèle de Boétius, évêque successeur de Saint
Siffrein, exposée dans la chapelle de Notre Dame de Vie (Vll ème
siècle) laquelle offre une version antique, non encore typée et proche
de la croix byzantine avec ses branches simplement pattées encadrant
des rosaces et les lettres alfa et oméga. Son dessin préfigure
curieusement l'emblème qu'adopteront les templiers voire, à cause de sa
dissymétrie latine, les chevaliers teutoniques. Plusieurs auteurs opinent en
faveur d'une mutation graduelle qui associerait la croix de Saint
Maurice apportée par les Burgondes (mais aussi vénérée par les moines
de Lérins chez qui Saint Siffrein fut éduqué) à celle de Constantinople
qui aurait cheminé par l'Italie - en laissant des vestiges - à moins
qu'elle n'ait transité par les Wisigoths. Cette transformation aboutit,
avant la fin du premier millénaire, à la figure que nous connaissons
maintenant. Il n'est pas inutile d'observer qu'on trouve des
représentations semblables mais plus tardives dans plusieurs lieux
d'Italie, notamment à Pise. Le premier comte de Toulouse à
exhiber la croix pattée, cléchée et pommetée sur son écu fut Raymond IV
de Saint-Gilles lors de la première croisade. Par la ressemblance que
cette figure héraldique présentait avec la croix de Constantinople, il
s'attira les sympathies du Patriarcat. Mais cette croix que l'on
prétendra désigner, plus tard, sous l'appellation de croix de Toulouse,
c'est en leur qualité de marquis de Provence, suzerain du fief de
Venasque, que Raymond de Saint-Gilles et ses successeurs s'en
réclamèrent, comme l'avaient fait les seigneurs de Forcalquier. Vers
l'an mil, Emma qui portait entre autres titres celui de comtesse de
Venasque, fille de Roubaud comte et marquis de Provence, en s'alliant à
Guilhem III Taillefer, apporta la croix qui figurait dans ses armoiries
; la Maison de Toulouse, deux siècles plus tard, l'incorpora dans les
siennes. Puis-je terminer par une
exhortation où souffle l'esprit de clocher. Si vos pérégrinations vous
mènent dans la région toulousaine et que votre sensibilité soit
froissée par l'étalage des inscriptions vantant la prétendue Croix de Toulouse, faites comme moi : biffez rageusement
l'appellation abusive et écrivez par dessus Croix de
Venasque. A la rigueur vous pouvez tolérer
l'expression moderne et identitaire de Croix occitane, encore que... Michel Geisler Quelques sources : Henri Rolland Provence historique 1950 ; Bertrand de la Farge : La croix occitane 2000 ; Raymond Ginouillac : La croix occitane 2004. |
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proposé par Michel Geisler
Cet article a été publié, dans la "Lettre des Amis" de l' hiver 2004-2005.
Sur l’antique emplacement d’un lieu de culte gallo-romain où, selon la tradition, Saint-Siffrein avait construit aux temps mérovingiens un oratoire dédié à la Très Sainte Mère de Dieu, l’ordre des Minimes vint s’établir au début du XVIIème siècle, grâce aux dons d’une noble et pieuse femme Mme de Causans. Le sanctuaire attirait les pèlerins en foule ; de huit à dix mille par an, disent les chroniques. Les murs se couvraient d’ex-voto offerts par les dévots dont les vœux étaient exaucés. On y célébrait des prodiges, tel celui qui est rapporté dans la Vie édifiante du R. P. Jérôme d’Estienne. Le registre des délibérations au conseil de la Communauté venasquaise confère à cet événement merveilleux une assise historique.
Les temps étaient durs, la sécurité incertaine ; la famine poussait au crime les miséreux. Une bande de brigands désolait la campagne environnante ; ces brutes féroces, tapies dans le défilé de la Nesque, fondaient sur les pauvres gens qui passaient à leur portée et le bruit de leurs crimes répandait l’effroi dans les terroirs de Venasque et de Méthamis. Les granges isolées leur payaient tribut. Leur chef, un nommé Mathieu Courtois dit La Grave, avait passé un marché avec le diable. Le pacte stipulait qu’il devait assassiner un homme chaque année au jour de Pâques, en prenant soin de choisir un mécréant qui désertait les offices en sorte que son péché mortel le conduisît directement en enfer ; en contrepartie, le scélérat pouvait commettre impunément ses méfaits car son démoniaque affidé s’engageait à le prémunir contre les gendarmes et à le rendre invulnérable à leurs coups. Satan éleva toutefois une réserve : son pouvoir maléfique ne prévalait pas sur les grâces souveraines de Notre-Dame-de-Vie. «Défie-toi des manigances de la méchante vieille, dit-il à son suppôt, et que tôt ou tard elle ne joue à ton grief quelque tour de sa façon ». Plusieurs années de suite le bandit exécuta sa promesse impie. A Pâques de 1702, il s’aventura hors de son repaire et découvrit un laboureur, en grave manquement à ses devoirs de chrétien, qui avait l’impudence de travailler aux champs un jour de fête tout à côté de la chapelle du couvent. En vociférant d’affreux blasphèmes, le pourvoyeur de l’enfer se jeta sur le malheureux et l’étendit pour mort. Au même moment, les fidèles sortaient de Vêpres. La Grave, fort de son invulnérabilité, affronta la foule et pointa deux pistolets. Cependant, à l’intérieur de la chapelle, le R. P. d’Estienne restait plongé dans sa méditation, insoucieux du monde extérieur. Du haut de son piédestal, la statue de la Vierge fit entendre sa voix. Elle morigéna doucement le saint homme : « Eh quoi, Monsieur, l’instant n’est point à l’oraison ! N’entendez-vous pas les cris de ceux qui réclament votre ministère ? Vous seriez bien avisé de sortir sur le parvis, car il y a une âme qu’il faut arracher aux griffes du Malin » . Le moine courut à la porte et découvrit une scène affreuse; il leva les bras vers le ciel et son invocation fut entendue. Les armes du brigand firent long feu et la foule enhardie s’empara de sa personne. Et voilà que la victime, qu’on croyait trépassée, se redresse et trouve un regain de force pour confesser ses péchés. La main miséricordieuse du moine s’abaissa vers le front du repenti et le bénit. Il retomba mort mais absous. Tout soudain, un long cri de fureur, strident comme les hurlements de la bourrasque, se répercuta dans les gorges de la rivière et saisit d’effroi les témoins du miracle : le diable se lamentait d’être volé de sa proie. On accabla de coups le criminel, on lacéra ses vêtements, et l’on trouva, cousus dans la doublure de son habit, des grimoires revêtus de signes maudits. L’une des formules magiques le préservait des armes à feu, une autre des armes blanches, d’autres encore des jets de pierre ou de bâton … mais aucun talisman ne l’immunisait « contre la toute puissance de celle qui avait écrasé le serpent » . La Grave, traduit à Avignon, fut promptement jugé et condamné. Le bourreau le supplicia la veille de la Nativité de la Vierge ; les membres rompus, le misérable voué à la peine éternelle agonisa plusieurs heures sur la roue en jurant comme un païen. (récit d’un contemporain le R. P. de Rians, religieux des Minimes).
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Reproduction en noir et blanc de l'ex-voto offert par la Communauté de Venasque. On y peut voir le village perché sur son rocher. L'artiste a représenté naïvement les péripéties successives qui ont marqué l'évènement. L'œuvre fut appendue au dessus de la porte principale. |
Les consuls de Venasque
voulurent laisser aux siècles à
venir un monument commémorant la reconnaissance des habitants du lieu
« qui
ont été préservés des coups de fusil et de pistolets tirés par les
Bohêmes
( =
malandrins) le soir
de Pâques dernier »
. Par délibération du 20 avril 1702, la Communauté fit don à la
chapelle de
Notre-Dame-de-Vie d’un ex-voto rappelant cet épisode remarquable. La
population manifesta sa liesse devant l’exactitude de la
représentation. Elle
se rendit en procession à la chapelle pour en faire l’offrande. On
chanta une
grand-messe d’action de grâces où l’on brûla quatre flambeaux d’une
demi-livre pièce. Les consuls déchantèrent lorsque les autorités
pontificales d’Avignon leur réclamèrent le remboursement des frais de
justice. Après une année de chicanerie, ils durent accepter une
transaction
qui coûta vingt-cinq écus blancs à la caisse commune. Les exigences du
Temporel prenaient le pas sur le Spirituel ; ils apprirent que les
miracles, s’ils sont gratifiants, ne
sont pas gratuits pour autant.
Michel
GEISLER
Parmi les archives, les registres de notaire représentent des sources fécondes et variées pour les historiens. Par exemple, on y rencontre souvent d’anciens contrats d’apprentissage. Parmi des dizaines d’autres à Venasque, les plus courants semblent concerner ici les cardeurs et les tisseurs. Mais tous les métiers sont cités, de l’apothicaire au fabricant de vaisselle en étain, du notaire au ferronnier, du maçon au couturier, du passementier au maître d’école, etc. Dans l’exemple présenté ci-dessous, vous trouverez le résumé d’un contrat datant du XVIIe siècle, concernant l’apprentissage d’un jeune Venasquais chez un “maîte poudrier, ou salpêtrier”. Ce salpêtrier fut certainement très compétent puisque, ensuite, nous verrons qu’il enseignera lui-même son “art” à plusieurs autres jeunes : la collecte du salpêtre et de l’élaboration de la poudre.
Sources : A.D. 84 - Archives notariales 3E61/120.
N.B. : pour être plus facilement accessible, le texte d’origine a été transcrit avec de nombreuses modifications. (Je tiens le texte original à la disposition des personnes éventuellement intéressées).
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1659, 6 août. - L'an mil six cent
cinquante neuf et le sizième jour du mois d'aoust par devant moy
notaire
estably personnellement Jaume Roubaud dudit lieu de Venasque, lequel de
son bon
gré, s'est loué, lui et
ses oeuvres,
audit maître Pierre de Villarie salpétrier du lieu de [Crestet] diocèse
de
Vaison pour apprendre l'art de poudrier.... Et c'est pour une année
commençant
à la feste de la St-Michel prochaine et semblable jour finissant (1)
…avec les
[pactes] suivants :
- que ledit maître de Villarie sera tenu durant ledit temps de bien et fidèlement [lui] enseigner l'art de poudrier de tout son pouvoir;
- de l'entretenir dans sa maison (2)…
- et pourra l'occuper qu'à ses affaires sans le divertir desdites affaires que pour les siennes.
Et en cas que la mère dudit Jaume heust besoing de lui, il lui sera permis d'aller la voir et d'y demeurer l'espace d'un mois si besoin, [en compensant ensuite ce temps perdu].
Et en cas de maladie (que dieu ne veuille) s'il empira plus de huict jours la dépence que se faira sera au despens [à la charge] dudit Jaume.
Et ledit maître Villarie sera tenu lui fournir deux paires de souliers durant ladite année, et le blanchir.
Et en cas qu'il quitte ledit maître Villarie sans raison [ils se référeront] au dire et jugement de deux hommes de [métier] sans les contredire.Au présent acte d'apprentissage ont promis et promettent avoir agréer et ni contrevenir (3)...
Fait et publié audit Venasque dans la maison de moi notaire en présence de maître Pons Fabre et maître Jean Lombard cardeur à laine de Venasque tesmoings requis et appelés et soubsignés [qui a su écrire] : Pons Fabre et de moi Félix Biolet notaire.
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1) C’est à la Saint-Michel (fin septembre) que sont généralement conclus la plupart des baux et autres contrats.
2) L’apprenti sera logé et nourri.
3) Ce contrat d’apprentissage ne contient pas de notification d’argent. Pourtant nous avons constaté que le plus souvent les apprentis paient le maître enseignant. D’autres part, les apprentissages durent généralement deux ou trois ans.
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Au fil des années, Jaume le poudrier s’est affirmé dans son métier. Il va former d’autres salpêtriers: plusieurs contrats le confirment dans les archives des notaires. Nous savons par ailleurs que Jaume est marié à Jeanne Ruel et qu’il fera un testament en 1691, bien avant son décès, qui se situe entre 1708 et 1713. Nous verrons enfin que son fils, Jean-Joseph, conservera ce métier et embauchera lui aussi d’autres apprentis.
Sources : A.D. 84 - Archives notariales de Venasque, Notaire Jean-Claude Sibourd : 3E61/107, 3E61/108.
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Le 19 novembre 1704. - Dominique Lazares, fils de Jean de Sault en Provence ... majeur de 20 ans … prend contrat chez Jaume Roubaud poudrier, pour trois années. Celui-ci "lui a promis de lui apprendre de son pouvoir et industrie le mestier de poudrier et salpêtrier ; de l’entretenir des aliments de bouche pendant le temps"... Roubaud lui donnera la fin de la première année trois escus patas (4), à la fin de la seconde année trois autres escus, et à la fin dudit apprentissage "completes et revolues lesdites trois années" douze autres escus. Mais à condition que Lazares remplisse son contrat.
Le 7 janvier 1708. - Gabriel Martin de Mourière en Provence, 20 ans, rentre en apprentissage chez Jaume Roubaud poudrier. Celui-ci lui donnera de même 6 escus par an, à condition que ledit Martin reste tout ce temps-là. (Le témoin qui signe est Esprit Ferrier, ellesiastique et régent des écoles).
La même année ce sera Jean Mathieu Mus, fils de François Mus, de Venasque, qui à 17 ans rentre au service de Jaume (Roubaud) pour 3 ans. Roubaud sera tenu de lui faire un habit complet et un "cappeau" (5).
En décembre 1713, Jean-Baptiste Silvestre, présenté par son père Anthoine, de Gordes en Provence, 18 ans (il n'a pas 25 ans âge légal pour être majeur) "de son gré pour lui et les siens a loue lui et ses oeuvres au sieur Jean-Joseph Roubaud (6) poudrier dudit Venasque pour le temps et termes de trois années prochaines". "Roubaud sera tenu d'apprendre de son pouvoir le mestier de poudrier et salpêtrier (…), de le nourrir et lui fournir les alimens de bouche". Au bout des trois ans il lui donnera treize escutz patas (il lui donne de suite en acompte un escu patas). Mais il est convenu en outre que "Silvestre fils sera tenu de travailler pour les autres affaires de Roubaud et à l'aider à cultiver ses terres, en bon père de famille". Les témoins du contrat sont "les révérentes personnes monsieur Jean François Sibourd [prêtre] et sieur Francois Ruel teinturier".
f° 383 - Le 27 janvier 1715. - Jean-Pierre Pelli de Venasque, présenté par Francoys Pelli son oncle, signe un apprentissage chez Jean-Joseph Roubaud poudrier, "pour 26 mois à commencer le deux apvril prochain". Roubaud promet lui apprendre le métier de salpêtrier .... mais Pelli travaillera aussi "pour les affaires dudit Roubaud". Il sera nourri et il recevra (plusieurs ?) patas. Contrat signé en présence de noble François Mourre et sr Jean Anthoine Eyrier dudit Venasque témoins.
f° 604 - Le 22 novembre 1718. - Jean-Jh Tramier fils de Mathieu Tramier, se loue à Jean-Joseph Roubaud pour 2 ans et demi.
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4) Le patar ou patas est alors la monnaie usuelle dans le Comtat, mais de peu de valeur.
5) Nous ne savons pas si ce nouvel apprenti remplace le précédent ou s’il est supplémentaire.
6) Jean-Joseph est le fils de Jaume Roubaud qui est décédé.
proposé par Guy Chalandard
Article paru dans les numéros de la Lettre des Amis de l' hiver 2010 et du printemps 2011.proposé par Guy Chalandard
L'article suivant est paru dans la Lettre des Amis, printemps 2001.
Il y eut de nombreuses épidémies. Il y en aura encore. Notre histoire locale en a gardé des traces écrites. Les Venasquais furent touchés par les pestes. Celle de 1589, puis de 1629-1630, enfin, la plus connue à cause de son “Mur”, de 1721.Ci-dessous, quelques lignes concernant cette dernière (sources : Archives Départementales Vaucluse - série communale GG 22) - l’orthographe a été respectée, mais des accents et ponctuations ont été volontairement ajoutés pour faciliter la lecture.
octobre 1721 - (la peste a débarqué à Marseille, d’un navire chargé de tissus; elle sévit déjà dans la région, pas encore à Venasque; mais un “bureau de santé” est mis en place, et semble remplacer les autorités locales et prendre toutes les décisions de la communauté. Une garde a été installée en septembre, aux deux portes d’entrée du village; des « barrières » aussi, aux limites du territoire, en particulier au quartier de la Belle-Croix; on fait des provisions, moutons, fruits, blé, etc; on interdit à toutes personnes étrangères de rentrer, si elle ne sont porteuses d’un billet attestant leur bonne santé; on prévoit des lieux pour installer des « infirmeries », éloignées du village, dans des « baumes » en particulier, on cherche à employer des médecins et des “parfumeurs », bref le “mal contagieux” s’insinue) .
14 octobre - « le bureau a conclud que Mr le prieur Mourre seroit mis en quarantaine au grangeon de Jean Joseph Roubaud et que ladite quaranteine seroit commencé le 14° de ce mois d’octobre jour de son arrivée et pour l’assurance de notre lieu a conclud que toutes les fois qu’on luy porteroit les provisions on avertiroit Monsieur l’officier de garde pour ce faire accompagner par un soldat afin que personne ne communique et que tous ceux qui tomberoit dans le cas de communiquer seront mis aussi en quaranteine et qu’on ne luy parlera ni on luy portera rien que par la muraille et qu’on ne pourra pas passer au-delà de ladite muraille à peine qu’ils seroient mis en quaranteine (…).
21 octobre - « …tous les suspects sur une liste (…) « seront tenus de passer en revue tous les soirs après les portes fermées pardevant noble Charles Sibour chirurgien et Joseph André Arnaud notaire, … toute la maison de tel manquant sera remis en quarentaine et sera puny comme le bureau trouvera bon (…).
29 novembre - (toujours dans la chambre de Reverend messire Charles Sibourd prêtre et vicaire avec noble François du Moure, viguier; Jean Esprit Tournefort et Joseph Roubert consuls - noble Jean Claude de Moure de St-Martin, noble Jean François Sibourd, docteur en droits; noble Charles Sibourd docteur en medecine, Me Joseph Arnaud notaire; sieur Joseph Petit, procureur des pauvres, sieur . ?.Arnaud, Jean Claude Tramier, Jean François Rigoard, Jean Costre ?, J. Jh. Benoit, Claude Choutard, Esperit Jean, Michel Bombonel, Anthoine Arnaud dit barrolin, Jh. et François Arnaud, Jean Claude Pascal, Philip Aubert, Jean Pierre Tourrette .?, Jean Mathieu Mus, Honoré Ortolan).
« … a été conclud de commenser une vingtaine ce soir pendant laquelle personne de quelle qualité que ce soit ne pourra de sortir du terroir dudit lieu de Venasque excepté pour aller au moulin a bled pour faire farine a peine d’estre mis a quarantaine et estre gardé à ses dépans et que nul estranger ny forain ne pourra entrer dans le présent lieu pendant ladite vingtaine et que les gardes des portes du present lieu ne laisseront aprocher lesdits estrangers qu’a cinquante pas de distance de la porte dudit lieu (…).Guy Chalandard
Glossaire : - l’assurance de notre lieu : la sécurité, la préservation - muraille : mur - à peine : sous peine - les portes : entrées de la ville - estranger : qui habite dans d’autres cités - forain : propriétaire dans un lieu, mais qui habite ailleurs - consul : correspond au maire; ils étaient deux, renouvelés chaque année (le premier mai généralement dans le Comtat) - viguier : juge en la commune (et porte-parole auprès de l’Évêque à Carpentras, pour celui de Venasque) - baume : abri sous roche.
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proposé par Guy Chalandard
L'article suivant est paru dans la "Lettre des Amis", été 2007.
Ces quelques lignes essaient de retracer rapidement les implantations des bâtiments hospitaliers dans le village de Venasque. Elles s'appuient sur la lecture de documents anciens puisés principalement dans les archives venasquaises. Depuis de nombreuses années en effet je les consulte dans le but de rassembler ce qui se rapporte à la santé, à l'assistance, aux épidémies venasquaises etc....- L'essentiel de ce présent article a paru la première fois dans Les Carnets du Ventoux (n° 54, 4° trimestre 2006, disponible à la Bibliothèque de Venasque).
Au
cours des cinq ou six siècles derniers, les bâtiments hospitaliers à
Venasque
ont été installés en trois lieux différents, au moins.
1. La
vieille Charité : (XIVème siècle)
C'est
vraisemblablement au cours du XIV°siècle qu'une première maison
hospitalière
a été instaurée à Venasque. Maurice Caillet
Conservateur émite de la Bibliothèque
de Carpentras, écrit
: “il devait y avoir
un hôpital-hospice dans presque toutes les paroisses; cependant
nous
n'en n'avons retrouvé dans les actes
qu'à Carpentras, Malemort, Mazan et Venasque “ (note 1)
. Des études plus récentes font mention de
“l'ausmone ou caritat“ en 1329 (note 2) . M. Dubled, ancien Conservateur
également à Carpentras, a fait référence
aussi à ces charités. Ajoutons qu'en 1862, dans l'inventaire des
archives de
Venasque qui est établi à cette époque, existent 5 livres des
“reconnaissances“ au profit de la Charité, dont l'un est daté de 1532.
La Charité, ou Caritat, est une institution qui tient une importante place dans la vie de la communauté. Il semble que son but soit plus humanitaire que médical, il s'agit d'abord d' une maison d'accueil et d'aide ponctuelle, spécialement auprès de quelques déshérités, de voyageurs malades, et enfants en abandon. Son nom même de Charité lui désigne sa fonction principale. Elle est le relais entre l'Eglise et le Laïque. L'administration de la commune y fait souvent référence, par exemple, elle contribue à garder les “greniers“ et à distribuer les grains lors des hivers difficiles. En cas de besoin financier, la Charité, peut même être prêteuse. D'autant que ses revenus proviennent des habitants eux-mêmes, en particulier à travers des donations et testaments. Et aussi, lors des ventes de terres ou de maisons, un droit de “lods“ en sa faveur lui est attribué : de très nombreux actes notariés font référence à ces “reconnaissances“.
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Le lieu de son
implantation dans le village est difficile à connaître. Cependant, par
référence
à divers archives et observations personnelles, j'ose suggérer que
cette première
Charité se situe certainement dans le quartier dit Saint-Paul. Ce
toponyme est utilisé dans les plus anciens
textes consultés, datant du XVI° siècle.
Mais ces recherches sont à compléter. Il y
aurait lieu de faire un rapprochement entre une certaine chapelle(?)
Saint-Paul et cette maison de la
Caritat. |
2.L'hospice
Antoine Verger (1724)
En 1724,
« l'hospital
est en ruine » et un nommé Antoine Verger, curé à Venasque, ayant
acheté
une maison appartenant à l'évêque Abaty, qui l'avait achetée
quelques années
auparavant, crée un « nouvel
hôpital », il est reconnu par les consuls et le
conseil en octobre 1724. Là encore, son emplacement exact
n'est pas connu, sauf qu'il se
trouve vers « la place des boyers ». En outre, les archives
concernant son activité, pendant cinquante ans, n'ont pas été
retrouvées, du moins pour l'instant.
3.L'hôpital
Marie Malet (1770).
En 1759, l'évêque en visite, rapporte que « la maison de l'hopital est toute délabrée ». Il serait prêt à participer à l'achat d'une nouvelle maison. Mais, une Venasquaise, Marie Malet, originaire de Gordes et épouse d'un certain Flour de Venasque, bourgeois et rentier faisant office de banquier local, a aussi le « voeu pieu de créer un nouvel hôpital ». Elle achète en 1770, aux frères Pellen, menuisiers, une maison, sise rue des Ouvergnes ou de l'Avocat (note 3) et réalise son vœu.
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C'est cette maison que l'on nomme encore aujourd'hui l'hôpital, en ignorant souvent qu'il y a eut des précédents, et qui a laissé ce même nom à la rue. On ne peut manquer la porte d'entrée de style Louis XV. On remarquera à gauche, en façade, la partie haute et ogivale d'une vieille porte cochère (du XIVéme siècle ?). Elle est en partie cachée par un parement de pierres taillées (extraites de la carrière dite de Payan, non loin du village) qui sera construit, malgré les apparences qui le font croire plus ancien, seulement en 1891, pour soutenir les vieux murs « menassant ruine et devenant dangereux ». D'autres travaux auront lieu au cours des années dans cet hôpital. Il faudra surtout retenir la création, pour agrandissement, « d'un balcon, au-dessus du jardin », au sud de la maison, construit en 1829 (note 4) ; (il n'est pas visible de la rue). |
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Il ne faut pas s'imaginer un hôpital comme on le conçoit actuellement. Les malades ou les blessés sont reçus pour de courte durée. Et s'il est possible de mettre dix lits, il ne reste en permanence qu'une poignée de personnes; la plupart y décèderont, elle est alors plutôt une maison de retraite. A la fin du XIX° siècle, la population de Venasque décroît, les revenus de l'hospice aussi, tandis que les ventes aux enchères de ses biens, terres et maisons, profiteront largement à plusieurs acheteurs locaux. Cet hôpital sera fermé en 1939. Il abritera un peu plus tard un atelier de minuteries électriques (note 5) avant de devenir dans les années 1970 une maison d'habitation privée.
Guy Chalandard
___________________
[1] Dans sa thèse « Histoire des Évêques de Carpentras au XIIIème siècle». Biblio.Inguimbertine retour
[2]
Daniel Le Blévec,
in « La
part du pauvre ...»
[3]
[4]
[5] Atelier installé par M. Dauzier, quelques Venasquais s'en souviennent, (avec une annexe dans l'actuelle galerie Viard, place de la Fontaine).
***************************************************
proposé par Guy Chalandard
L'article suivant est paru dans "La Lettre des Amis", printemps 2005.
Le 30 septembre 1612, les consuls et les
conseillers
de Venasque convoquent un "Parlement". Il s'agit de rassembler les
principaux chefs de famille, c'est-à-dire ceux qui participent
activement et
financièrement à la vie communale. Ils sont nombreux, près d'une
centaine, réunis
ce matin-là, "faisant la plus sayne
et mayeure partie des habitantz". Nous avons leurs noms par le
rapport
de la délibération. Ils sont réunis devant l'église parrochiale, ou
peut-être
"dans les crotons, davant l'Eglise
parrochiale”, au mois de septembre il pouvait faire assez bon. A
cette époque,
les "parlements" avaient lieu à cet endroit, tandis que les réunions
plus restreintes des conseillers et consuls, se faisaient souvent dans
"la
salle de garde de la porte haute". Les discussions en langue comtadine
étaient
vives, la décision à prendre était d'importance, et, pour cette raison,
les
consuls Hierosme Ruel
et Michel Felline,
élus le premier mai, pour une année, avaient opté pour ce démocratique
rassemblement. Mais nous verrons cependant que ne n'est pas l'avis de
la majorité
qui l'a emporté; les principaux conseillers de la commune décideront de
passer
outre. Pour une fois, on pensera que leur décision pragmatique fût sage
et
favorable à l'intérêt général. Pourtant, la dépense envisagée était
fort
importante. D'autant que, depuis une quinzaine d'années, se prolongeait
un procès
fort coûteux pour la caisse de la "communauté", porté jusqu'en Cour
de Rome, contre le seigneur de la Roque Sébastian des Seguins qui ne
voulait
pas payer ses impôts fonciers sur ses terres de Venasque. Et que des
dépenses
importantes devaient être investies dans les "murailhes" de la ville
pour sa défense, et en particulier pour les réparations des deux portes
d'entrée,
dans l'entretien des fours et des moulins à huile, entre autres
dépenses
courantes.
* * *
Voici quelques
extraits du texte
de ces délibérations. (Pour
faciliter la lecture, j'ai transcrit
de nombreux mots dans une forme plus moderne, tout en conservant
cependant des
termes qui reflètent bien la saveur des mots employés alors. Pour les
lecteurs
plus rigoureux cependant je suis à leur disposition pour leur procurer
la
transcription originale, et les références aux Archives. Les mots ou
expressions portant un * figurent dans le glossaire ci-dessous).
” … auquel parlement a
esté
exposé par lesdits Sieurs consuls comment ces jours passés messieurs
Claude
Furet maçon de la ville d Arles, maîtres Barthelemi et Nicolas Mourel
freres ,
en leur nom et en celui de maître Michel Mourier maçon de Pernes, se
sont
offerts de prendre, cueillir et réduire* toutes ensemble les eaux qui
sont le
long du grand rocher du Tourounel*, et icelles eaux bien et
duement* à
leur fonds, conduicts, leurs tuyaux, vazes, conque,
bourneaus* de brique et pierre necessaires,
conduire et remettre* dans
ledit Venasque à la place publique (…) "
Le devis est de "850 escutz de
5 florins pièce que se payeront, scavoir, a l' entrée*
de l’oeuvre 200 escuts et le restant en faisant l oeuvre et
à la fin d icelle …"
Il est précisé que les "massons
bailheront caution suffisante et agréable à la communauté*".
En
outre : - "Item* que la commune leur
permettra de prendre de bois à la montagne et baisses* et du devens des
Derboussières* pourvu que ce ne
soit de roure et euzes* pour fere
la chaul qui leur sera necessere ainsi que les pierres pour ladite
chaulx, et
pour toutes autres matieres necesseres (…)
"Item,
que lesdits maîtres la conduiront tout de long de son chemin trois
pans*
dans la terre et deux pans dans le rocher
Item, qu’ils conduiront l' eau par le quartier de Terre Blanque et de Quinsan au choix de la communauté ; et au cas qu’ils la conduisent du quartier de Terre Blanque et qu atteignent le rocher dur et ferme dans le saffrade* qu’est audit quartier lequel est necessere d estre miné (…) la commune fera des intérest aux maistres de ce que coustera davantage (…)
Item et finalement qu’ils la remettront à quatre bourneaus avec leurs vazes à la place publique et ung bourneau à la place qu’est au devant l’église."

A
cet exposé "considérant le grand
bien utilité et profict que redonnera à la communauté et particuliers à
l’occasion de la fontayne et grand peyne et travail qu’ont les
particuliers
pour aller querir à la fontayne de la commune qu’est hors la ville ( …
)" ont approuvé ce projet :
Pierre de Saint-Maurisse, coseigneur de Venasque et St-Didier, Pierre Granier Bayle*, sieurs Hierosme Ruel et Michel Felline consuls, sr Anthoyne Spirit Sibourd, sr François Tourrette, sr Mathieu de Salsis, maitre Raymonet Taxi, Anthoyne du Sap, mre Pierre Dumont, Jacques Audigier, mre François Jousselme, mre Colin Ortholan jeune, Guilhen Tourrette, mre Marin Mourre, et mre Alexandre de Salsis notaire (…) mre Jehan de Salsis aussi notaire et greffier de Venasque, tandis que tous les autres n'acceptent pas : " à quoy les susdits acquiescents ont respondu n'estre raysonable (…)" [en effet] "une partie d’iceulx sont bastidiers* et n'ont besoing de fontayne dans la ville, et l’aultre partie sont gentz grossiers et pauvres [pourtant] la plupart qui n’en payeront presque rien [alors que ce sont] les acquiescents qui en payeront la plus grande partie; ils n ont l' esprit ni le jugement pour considérer le bien et utilité grande qu’aportera ladite fontayne aux habitantz. Le Bayle veut alors prendre un rendez-vous en Avignon auprès du Cardinal légat. Une députation est constituée par Pierre de Saint-Maurisse, Hierosme Ruel consul et Anthoyne Sibourd marchand, tandis que, du côté des "contredisants" personne n'est désigné : "Lhors, le sieur Bayle ayant entendu ce dessus a assigné les susdits acquiescentz et [contredisants] a comparoir mardy prochain deux heures après midy au Palais Apostolic d’Avignon par devant Mrg Illustrissime Cardinal pour la vuidange* et termination entiere du contenu à la presente conclusion".
Les villageois auront dorénavant
l'eau presque dans
leurs maisons. Les fontaines plus proches, Coste-Chaude et
Bonne-Fontaine, n'en
seront pas pour autant abandonnées, ainsi que toutes les sources du
territoire,
qui restent communales. Mais à partir de cette construction la
maintenance de
la fontaine sera l'objet de très nombreuses délibérations, devis,
permanents
entretiens et dépenses. On pourrait en écrire un livre. Depuis, l'eau
potable,
d'abord seulement distribuée par trois bornes publiques, entra ensuite
dans les
maisons (1959, bien après l'électricité)."La fontaine" qui n'est
plus maintenant alimentée par "la source de tourounel" mais par
d'autres distributeurs a perdu sa gratuite et indispensable utilité
qu'elle a
fournie pendant plusieurs siècles. La source elle-même se perd dans les
rochers, et non entretenue, elle est happée par les racines des arbres,
et la sécheresse.
Peut-être verra-t-on même la Fontaine de la Place, à l'occasion de son
quatre-centième anniversaire, devenir par exemple, si l'on ne tenait
plus
compte de son agréable présence, lorsqu'elle est mise en eau , un
kiosque à
musique, abritée sous une "folie"* métallique due à un artiste
sculpteur voisin !
Guy Chalandard
* * *
GLOSSAIRE:
Cròta, en occitan, signifie voûte, cave, crypte; croton, caveau. Je ne sais pas où étaient situées ces caves. Ni que veut dire "devant l'église", considérant qu'à cette époque, la porte du XVIII°, à l'est, n'existait pas, et qu'à l'ouest était le cimetière. - Tourounel : voir dans notre brochure "balades toponymiques autour de Venasque, circuit n° 4 - cueillir et réduire toutes ensemble les eaux: diriger les eaux de la source - bien et duement : faire un bon travail - vases, conques et bourneaus : en occitan vaissèu (grand tonneau, fût), conca (vasque, bassin), bornèu (tuyau, tube) – a l' entrée de l'oeuvre : ici : au début des travaux - " bailheront caution suffisante et agréable à la communauté" : c'est-à-dire qu'une autre personne connue honorablement se portera garant de ce contrat. - Item : mot latin signifiant de même, également, et encore - à la montagne et baisses : les baisses sont généralement les terres situées au pied de la"montagne", limites entre terres cultivées et forêts - du devens des Derboussières : voir dans notre brochure "balades toponymiques autour de Venasque, circuit n° 2 - roures et euzes: chênes rouvres et chênes verts - pan: le pan est une ancienne mesure faisant ici environ 24 centimètres. – saffrade , safre :grès limoneux tendre – Bayle : le bayle est ici le juge et représentant de l'Evêque – bastidiers: qui habitent en campagne, à l 'extérieur du village - vuidange : liquidation de l'affaire – folies: constructions de plaisance et de fantaisie particulièrement appréciées au 18° et 19° siècles
*************************************************************************************
proposé par Guy Chalandard
L'article suivant est paru dans "La Lettre des Amis", hiver 2007/2008
Pourtant il est
bien pratique ce nom-là. Tous les Venasquais, disons au
moins ceux qui sont là depuis plusieurs décennies, l'utilisent
couramment pour
désigner le carrefour qui est à l'embranchement de la route
départementale
Carpentras-Apt et de celle qui monte au village en passant devant le
cimetière.
Mais pourtant ce toponyme tend à disparaître; il est remplacé
curieusement
par un tas de circonvolutions oratoires qui rendent confus ce que l'on
peut désigner
aisément.
Cette tendance risque d'empirer, par l'arrivée de nouveaux
habitants,
qui ne connaissent pas encore les noms des lieux-dits, et par la
disparition des
anciens venasquais. C'est la récente transformation de ce carrefour en
un
nouveau « giratoire » qui me suggère d'écrire ces quelques
lignes.
Le granjoun
de l 'Estrayer, en provençal,
était un petit cabanon situé en dessus et à quelque dix mètres du
carrefour
actuel, vers le sud. Il aurait été construit par un nommé Estrayer, qui
venait d'Avignon, vers la fin du XIXème siècle. Il avait
certainement choisi cet endroit sur l'une de ses terres, au croisement
du
nouveau « chemin de grande communication » instauré vers
1850. Il
devait bénéficier peut-être aussi de la source qui sortait tout à côté
(la
sécheresse n'était alors qu'épisodique) et qui ressort parfois en
contre-bas
de la route. Cette petite construction a été démolie récemment lors
d'un réaménagement
de la voie. On peut en voir quelques éléments encore, tristes pierres
perdues
dans les genêts ou au pied du vieux cerisier sauvage, un mahaleb
prunus ou Sainte-Lucie, de rares dimensions, comme le
dernier témoin de cet habitant. On peut conserver au moins son nom en
utilisant
ce toponyme qui désigne parfaitement un lieu, un rendez-vous, une
croisée de
routes, et même maintenant un étrange « giratoire ».
***
De quelques autres noms aux alentours
Le grangeon
d'Estrayer se trouve dans le quartier de rouffren.
Son étymologie pourrait venir d'une déformation de rièu
frés, le ruisseau froid.
De l'autre côté de la route, vers le nord, c'est le quartier du ribas.
Ce mot en provençal signifie un lieu composé de terres traversées
par des
fossés, des rives plutôt de mauvaise qualité et escarpées (1).
Sur les cadastres anciens le chemin autrefois appelé le
chemin de la montagne dont une partie ensuite se nomme le
chemin du Vas séparait ces deux quartiers. La création de la
nouvelle
route départementale au XIXème a chamboulé l'ensemble (2).
Dans ce quartier du ribas passe
aussi, pas loin de la Nesque, le chemin
de Methamis, autrefois appelée « des
métamies », et qui traverse ensuite la Nesque et via la Roberte
monte, par lou
pas dou loup, en
direction de Méthamis.
Le ribas,
à l'ouest est limité par le chemin des
Souveilles, (qui traverse ensuite lui aussi la Nesque) et l'on
passe alors
dans le quartier des ferrailles.
Feralho, d'origine
latine, en vieux provençal désignait l'épeautre et aussi le fourrage;
ces ferrailles,
que l'on retrouve souvent dans toute la région, sont donc des pâturages
généralement
réservés à l'usage domestique des habitants pour leur basse-cour et
proches
des villages (3).
Dans ce quartier, tout en bordure de la route actuelle, il y a "lou
nai de guinguet ". Ce bassin (prononcer à
peu près"lou
naille")
devait appartenir à un nommé « Guinguet », à moins que ce
fût
son surnom. Il semble que l'eau provienne de la
Bonne-Font. Il y a aussi, mais
en bordure de la Nesque, une grande parcelle de terre, appelée depuis
très
longtemps « la vigière »,
nom d'origine obscure pour moi.
A quelques mètres vers l'ouest se trouve le
chemin de Saint-Maurice, qui traverse ensuite la route vers le nord
jusqu'au
domaine de ce nom. Un dernier nom: le
cimetière qui a été transféré à
son emplacement actuel en 1854.
Je cajole les noms de lieux. D'abord ils permettent de bien
exprimer son
territoire, et de s'y diriger. Ensuite, à travers eux, on peut
découvrir
l'histoire du pays. Enfin, avec eux, on se régale de la langue locale,
de son
évolution, de ses étymologies.
__________________
(1)
Ce toponyme se retrouve ailleurs à Venasque : lou
ribas dou grès, ainsi que lou ribastié.
(2) Soulignons que, jusqu'à cette époque-là, la route d'Apt à Carpentras passait au sud du ravin du Vas, puis sur la rive droite de la Nesque et qu'il fut certainement un chemin gallo-romain.
(3) Ne pas faire, donc, de rapprochement avec quelques dépotoirs de métaux…
| emplacement du vieux Sainte-Lucie |
emplacement du grangeon |
![]() |
|
photo prise en novembre 2007, avant les travaux du carrefour |
PLAN CADASTRAL ACTUEL
Pour
bien se rendre compte de l'ancien état du territoire et des anciens
chemins, il
faut faire abstraction de la route départementale Carpentras-Apt, mise
en place
à partir des années 1850. Cette liaison se faisait auparavant sur
l'autre rive
de la Nesque et au nord du ravin du Vas (il s'agissait d'ailleurs,
certainement,
d'un ancien chemin romain).
On peut remarquer que le chemin des Souveilles/chemin de
Méthamis prenait
son départ juste en limite et à l'est du cimetière actuel. Le vieux
chemin
du Vas prenait son départ sur le chemin de la montagne, puis
descendait du carrefour actuel du Grangeon d'Estrayer et atteignait
directement
le quartier du Vas.
Le chemin de la montagne démarre de la Bonne-Font et rejoint le
quartier de Durantel.
Tous ces chemins étaient entretenus en permanence et, en particulier, par les riverains; la voie restait suffisamment large et la calade parfaite pour assurer le bon déplacement de tous les charrois usuels.

************************************************************
proposé par Guy Chalandard
L'article suivant est paru dans "La Lettre des Amis", été 2003 .
Nombreux étaient
autrefois
(dans l’Ancien Régime) les jours fériés. Du moins en théorie. Car il
faut
se remettre dans le contexte de la ruralité et ses exigences. En
particulier la
nécessité, par exemple, d’entretenir les troupeaux et autres
poulaillers ou
bestiaux, qui ne connaissent pas, eux, les jours festifs. De même les
récoltes
qui étaient prêtes, ou mûres à point, ou qui n’attendaient pas les
jours
suivants sujets aux vicissitudes de la météo, faisaient aussi partie
des
raisons de supprimer la fête. Aussi les autorités locales allaient
elles régulièrement
à Carpentras, auprès du représentant de l’autorité religieuse, pour
demander la permission de travailler. Ce qui était bien accordé, mais
souvent
avec une petite réserve et condition.
| " 23 juin 1628 – Nous donnons licence* à ceulx de Venasque de moyssonner tant seulement le jour de demain feste de Saint-Jean Baptiste, après avoir entendu la sainte messe " | ![]() |
![]() |
À gauche,
toujours à ce sujet , en 1616 " le 19 d’avoust* ay vacqué* à Carpentras pour obtenir la permission travailher aux hieres* le jour de la feste de Saint-Barthelemy, ce qu’ay obtenu (…)" |
A Venasque, depuis plusieurs siècles, la fête « votive » est placé au 15 août. L’on disait alors dans ce français d’autrefois « à la feste de Nostre-Dame de la demy d’avoust ». Cette date servait aussi d’un repère dans de nombreuses tractations, prêts, remboursements, accords, censes ou autres impôts. Traditionnellement, la fête battait son plein, et les municipalités ont toujours accordé largement leur soutien et leur argent. On retrouve souvent, dans les comptes des consuls* ou trésoriers par exemple, des références à ces dépenses., dont l’achat régulier « d’estaing » ; je ne sais pas à quoi cela correspond, je pense qu’il s’agit de plomb et salpêtre pour faire tirer les mousquets ou autres « boites » à poudre*.
|
En
1626 : "Item le 14 d avoust ay apyé pour douze livres estaing à
raison de huict soulz la libvre données au jour et feste de Nostre-Dame
pour les joyes ". Sur un autre texte similaire : " le 12 d’avoust ay vacqué à Carpentras pour achepter d’estaing pour les joyes qu’avons accoustume donner "(…) |
![]() |
Guy Chalandard
* Glossaire : Donner licence : donner l’autorisation - Avoust : août – ay vacqué : je suis allé - hieres : les aires, sur lesquelles ont battait les céréales – veu le desordre de l’heau : vu les dégâts causés par un orage – consuls : ils étaient deux, élus pour un an premier mai, et représentent à peu près ce qu’est le maire et son adjoint actuellement – boites : ces boites sont des sortes de bombardes en bronze a l’aide desquelles ont placé les charges de poudre à tirer ; à la mairie, il y en avait encore deux il y a quelques années, je suppose qu’elles y sont encore…
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proposé par Guy Chalandard
| (*) L'article suivant est paru dans "La Lettre des
Amis", été 2009. Cette étude est inédite. Aucun autre écrit
sur ce sujet, à notre connaissance, n'a
été publié jusqu'à ce jour. Nous remercions notre Ami Guy Chalandard d'en avoir réservé la primeur à notre
bulletin. |
La présence dans le
village d'une Confrérie des Pénitents Blancs et de sa chapelle est une
page de
l'histoire locale bien oubliée. Dans les archives on trouve rarement
des textes
les concernant. Malgré cela nous essaierons ici d'en fixer
l'implantation.
A propos des confréries.
-
Les
confréries étaient des organisations qui rassemblaient des habitants
dans un
but d'entraide fraternelle. Les unes regroupent autour des métiers, les
corporations. Les autres sont plutôt d'inspiration religieuse. Ces
confréries
sont très nombreuses dès le Moyen Age.
Dans le Comtat, les secondes, d'inspiration religieuse, apparaissent en
grand
nombre au XVIe, suite aux guerres de religion et de la contre-Réforme.
Parmi elles, les confréries des Pénitents sont très représentées.
Souvent même
elles se trouvent en concurrence entre elles et se différencient par la
couleur
de leur habit. Ces Pénitents existent dans presque tous les villages
importants
au XVème siècle et au début du XVIIe siècle.
A
Venasque, sont citées d'abord plusieurs petites confréries - "fondées"
dans l'église paroissiale - et
surtout la Confrérie du Saint-Esprit. Mais curieusement il faut
attendre la fin
du XVIIè siècle, pour que la Confrérie des Pénitents Blancs
soit
constituée.
La
première mention des Pénitents Blancs.
- C'est
dans les délibérations municipales, en mai 1682, que nous lisons (la
transcription des textes anciens est adaptée pour faciliter la lecture)
:
"sur la proposition faite par les sieurs consuls que la plus grande
partie
des habitants les ont supliés, esmuz de dévotion, de proposer au
conseil de la
communauté de faire et dresser une compagnie de pénitents blancs au
présent
lieu (…) donner pour faire la chapelle qui sera nécessaire une certaine
maison que la communauté possède dans l'enclos dudit Venasque, quartier
dit la
Charitat (...) Ce que les conseilliers entendu, ayant mesmes considéré
qu'il y
a déjà des donatifs assez considérables pour semblable fondation (…)
ont
arresté de faire et dresser tout ce que sera nécessaire pour ladite
compagnie
de pénitents blancs, (…) statuts et autres documents, et pour faire
édiffier
la chapelle, concluent de donner la maison (etc…)
D'autres mentions.
- En septembre 1683, on remarque que
certains revenus de la Charité (la Carita ou l'hôpital) provenant de la
vente d'une terre aux enchères, sont transférés pour la construction de
la future chapelle des Pénitents. En 1684, on trouve, à peu près dans
les mêmes termes, la confirmation de construire la chapelle : "...
que la plus grande partie des habitants se sont faits entendre qu'esmus
de dévotion,
ils désirent faire et dresser une compagnie de pénitents blancs et
qu'ils désirent
faire la chapelle qui conviendra dans une maison que la communauté
possède à
la rue du Jeu de Paume, confrontant la grand rue, l'androune des
Tourrettes, la
forge de la communauté (…) Et ont concluent (…) de faire et dresser
ladite
compagnie sous le titre du sieur Saint-Charles et à cet effet faire
adresser
les statuts nécessaires et que la chapelle qui conviendra (…) soit
faite et
édifier dans les enclos de ladite maison (…) mais plus loin, dans un
autre
paragraphe, nous trouvons qu'elle sera placée sous le patronage de Notre
dame de Pitié…".
En mars 1685, on peut lire que pour la
chapelle des pénitents, il faut "faire faire les dessins
nécessaires,
changer les portes de la boucherie et de la forge et maison restante à
la
communauté"
En
mai 1687, on relate que la chapelle est en cours de construction ; en
1689, que
les héritiers d'Augustin Jean contestent la construction contre l'un de
leurs
murs mitoyens. On peut penser que la construction est terminée vers
1690.
Il
est écrit que la maison qui
doit être donnée à la Confrérie est située : "par devant, la grand
rue, de l'autre côté, la rue de Saint-Paul, la maison de Jacques Ruel (1),
la maison d’Augustin Jean, l’androune (2 ) des
Tourrettes
(…)". Elle comprend " deux boutiques basses, l'une plus proche de la
grande rue de 2 cannes en longeur et 14 pans largeur et l’autre de même
largeur et 22 pans longeur. Au dessus des deux boutiques, deux membres
de mêmes
dimensions et de 10 pans de
hauteur, avec un solier (…) - et de plus, un passage de 15 pans de
largeur et
5 cannes de longeur depuis la grande rue jusques à un membre bas de
ladite
maison (…) couvert par un membre qui est au dessus dudit passage et le
restant
a ciel ouvert, (…) etc/ ".
|
A gauche le cadastre de 1813. A droite le cadastre actuel. Sur le cadastre établi en 1813 : la chapelle
elle-même est située au n° 758, le four au n° 760. Sur la parcelle 759
doit se situer la forge (?). Il y a plusieurs petits passages couverts
entre les bâtiments. |
![]() |
![]() |
| L'ensemble correspond
maintenant en grande partie à la maison de Jacques et Michèle RUEL (voir ci-contre), où l'on
peut situer la chapelle des Pénitents Blancs dans la parcelle 577. Nous avons pu voir le beau four qui
existe encore dans la parcelle 578 (merci à la famille J. Ruel
pour leur accueil.) |
![]() |
Pour confirmer
la désignation de l'emplacement nous trouvons par exemple, en 1700, un
texte
concernant la maison de la forge " confrontant maison des hoirs de
Jacques Ruel, la chapelle de la confrérie des pénitentz blancs, la
boutique de
la boucherie par dessous et par costé la rue publique ".
Mais
nous avons surtout les textes datant de la Révolution et les biens
nationaux
: au sud-est de cette chapelle, forge et
boucherie mitoyennes sont
remplacées plus tard par un four à pain. Il est vendu le 22 février
1797,
comme bien national, à Antoine-Martin Tramier
(qui achète d'ailleurs un autre four communal en même temps). Ce four
est "attenant
aux ci-devant pénitents blancs". Tramier
achètera ensuite, aux enchères à Avignon, le 4 mars 1798 (14 ventose de
l'an
VI) la chapelle qui est vendue comme bien national. Après Tramier,
elle revient à un Giraud en 1828.
Puis, en très mauvais état et la confrérie n'existant plus, elle disparaîtra en 1864. Nous savons par ailleurs que la chapelle était équipée d'une cloche (1722) qui sera vendue comme bien national.
----------------------------
|
(1)
C'est le hasard ! Mais il n'est pas impossible que le propriétaire
actuel soit de la même branche. (2) L'androune est un mot provençal qui désigne une très étroite ruelle. La canne vaut presque 2 mètres, le pan 25 cm. Un membre veut dire une pièce, une chambre. Le solier est un grenier.. Les fustailles : c'est la charpente |
******************************************************************************************************************************
En juin, puis à la fin de juillet, en 2001, et, l'été 2002, pendant quelques heures, de nouveaux sondages archéologiques avait eu lieu sur le site déjà exploré en hiver 1999, à 100 mètres au sud de la chapelle St-Siffrein, sur une parcelle de terre appartenant à la famille Saurel-Salignon. Ces sondages ont permis d'atteindre un ensemble de murs antiques, sur une centaine de mètres-carrés, qui feraient partie des fondations d'une ancienne ferme gallo-romaine. A part des centaines de tuiles (tegulae), peu de matériel typique cependant a été découvert . Ces murs ont été arasés depuis fort longtemps, par des travaux agricoles en particulier, puisque de très nombreuses céramiques de toutes époques s'y sont retrouvées rassemblées au-dessus, par co-alluvionnement. Deux pierres taillées, en pierre blanche dite de Saint-Didier, comportant des rainures grossièrement tracées, font rappeler deux piétements d'autel, à moins qu'ils s'agissent d' éléments décoratifs. En outre, la moitié d'une meule, en basalte, suggère la présence d'un moulin à grains. Une autre meule, à huile celle-là, avait été aussi découverte au même endroit par le propriétaire, mais en surface, il y a quelques années. Enfin, une grosse pierre entaillée en forme d'entonnoir pourrai être un sétier, mesure à grains ou à olives (?). Et, dans les strates les plus profondes au niveau de la base de ces murs sont de nombreux débris de céramiques antiques telles amphores, pots, sigillées, etc., ces derniers permettant de situer l'occupation du site antique dans les années 100-130 de notre ère.
Dominique Carru, Directeur du Service de l'Archéologie du Département était favorable à ce que nous poursuivions les recherches. Toujours avec le Groupe Archéologique de Carpentras, le chantier aurait pu être poursuivi par un nettoyage du site pour une meilleure visualisation. Mais les dernières évolutions des lois concernant les fouilles réalisées par des non-professionnels n'ont pas permis la poursuite de ce projet. En conséquence, il a fallu, en octobre 2002, effectuer un nettoyage final des sondages et une remise en état des lieux du site de Salignon-St Siffrein. Ce dernier nettoyage a permis le ramassage de quelque trois cents tessons de céramiques, clous de fer, débris de plomb, etc., provenant d'un dépotoir toujours datable, semble-t-il, au IIème siècle. A la mi-décembre 2002, au siège du Groupe Archéologique de Carpentras et de sa région, 27 rue des Marins, il a été procédé à l'inventaire, au triage et à l'essai de recollages de ces vestiges.
Contact : Guy Chalandard, tel 0490660295, ou chalandard.venasque@orange.fr
Au mois de juin 2005, deux
archéologues,
J.E. Brochier et M.
Livache, spécialistes de la préhistoire, ont fouillé à Venasque, un
site, appelé
dorénavant “le grand abri de Venasque”.
Avec l’autorisation du propriétaire (Th. de Cabissole)
et sous l’égide des services archéologiques de la région et du
département, ils ont
réalisé une fouille dans les règles de l’art. Situés sous les rochers,
au pied de la falaise, à l’est des quartiers de
Jouvenal, ces abris
naturels sous roche ont subi les assauts du temps, des glaciations, des
éboulements, de l’érosion et il faut toute l’expérience de
professionnels pour déterminer les évolutions du terrain et y faire
avec parcimonie des ponctions qui s’avèrent riches d’enseignements.
Ce site avait été remarqué par des observations en surface de Michel
Livache, il y a une vingtaine d’années : il avait vu des éléments
lithiques (silex) et des restes fauniques (cheval, renne). Ces fouilles
délicates et
approfondies ont permis de récolter une grande quantité d’objets de
silex, et d’autres restes d’animaux, et de supposer
plusieurs occupations humaines fort anciennes, au paléolithique
supérieur. Dans ces abris ont vécu des venasquais il y aurait une
vingtaine de milliers d’années.
Les études complémentaires sont en cours. Cependant, les
archéologues ont envoyé aux Amis de Venasque le rapport fort
complet de leur
travail. Nous pouvons le transmettre aux adhérents intéressés, soit
sous forme de fichier par
Internet, soit imprimé sous forme d’un petit fascicule (27 pages 21x27)
relié simplement
(participation aux frais, 3 €, à verser sous forme de timbres). Il est
consultable aussi à la
bibliothèque du Groupe Archéologique de Carpentras.
Contact : Guy Chalandard, tel 0490660295,
ou chalandard.venasque@orange.fr
Personne, à Venasque, n'a pu rester dans
l'ignorance
des
difficultés rencontrées par Patricia Carreaux
pour réaliser son désir de développer un élevage de chèvres sur
le
territoire de notre village. Vous trouverez, ci-après, le texte in
extenso de
la lettre ouverte adressée par la Confédération Paysanne du Vaucluse au
Président de la Chambre d'Agriculture de Vaucluse après le verdict
injuste de
la Cour d'Appel de Nîmes qui avait frappé Patricia. Cette lettre expose
avec clarté tous les avatars de son parcours du combattant . Un
certain nombre d'Amis ont participé plus ou moins directement au
soutien
de sa cause et seront donc intéressés par cet historique précis.
"Monsieur le Président,
Lors
de la séance d’installation des nouveaux élus de la Chambre
d’Agriculture,
vous avez affirmé que le développement de l’élevage est pour vous une
priorité, ce dont nous nous réjouissons puisque c’est un thème qui nous
est
cher.
C’est
pourquoi nous vous alertons sur la décision de la cour d'appel de Nîmes
qui a
ordonné la démolition dans 4 mois
du tunnel d'élevage de Patricia Carreaux,
éleveuse à Venasque.
Après
quoi elle devra payer une astreinte de 50€ par jour.
Le
délit d’infraction à un règlement d’urbanisme a été confirmé alors que
ce délit a été créé artificiellement par la mairie qui a décrété que le
tunnel d’élevage n’avait pas d’utilité agricole.
Il suffit donc d’affirmer une contre vérité pour ainsi mettre hors la loi une agricultrice qui ne demande qu’à travailler pour gagner sa vie !
Quand
on voit, à contrario, des villages, tels Faucon dans le Haut Vaucluse,
qui en
sont à créer des fermes communales, on se dit que certains élus ont un
bien
étrange façon de travailler à l’équilibre social et environnemental des
collectivités dont ils ont la charge
Nous
faisons appel à vous pour tenter de faire cesser une injustice
flagrante :
il s’agit d’une installation en agriculture, que nous appuyons depuis
plus
de deux ans et dont nous constatons qu’elle est barrée - et donc en
grand
risque d’échec- du fait de ce que nous estimons être un abus de pouvoir
de
la part de la mairie de la commune.
Patricia
Carreaux, après avoir
réussi le « BPA », diplôme agricole
permettant d’obtenir la Dotation Jeune Agriculteur, et après avoir
cherché
pendant quatre ans un lieu pour
son installation, se voit proposer, à l’automne 2004, par
l’entremise de la SAFER, un bail agricole par l’association
Escombeau
(branche laïque et masculine du couvent Notre Dame de Vie de Venasque
en
Vaucluse).
Il
s’agit d’une propriété agricole à l’abandon depuis plus de 30 ans, se
composant de 12 ha et d’un bâtiment agricole (vieille ferme au ¾ en
ruine
destinée à abriter une bergerie, une fromagerie et l’habitation).
Patricia
Carreaux, avant de
signer le bail, rend trois visites au maire de la commune qui
dit ne pas s’opposer à
cette installation. Venasque est une commune agricole très spécialisée
dans
la cerise et une ferme d’élevage parait à même d’apporter un peu de
diversité.
Pour
qu’une installation soit effective, l’agriculteur doit posséder son
troupeau au jour de l’installation.
Elle
possède donc ce troupeau, est affiliée à la Mutualité Sociale Agricole
comme
exploitante à titre principal.
Mais
le bâtiment est inutilisable en l’état. Patricia Carreaux
héberge donc
temporairement son troupeau dans un minuscule local prêté par un
agriculteur
voisin à la retraite. Ce local se révèle très malsain car le semblant
de
toiture ne protège pas les animaux de la pluie. Patricia Carreaux
dépose donc,
en toute confiance, une demande d’autorisation pour monter un tunnel
d’élevage
auprès de la mairie, en attendant la réhabilitation par le bailleur du
bâtiment
pour lequel un loyer est prévu dans le bail.
C’est
là que l’abus de pouvoir intervient pour la première fois.
La
mairie oppose, par lettre recommandée avec AR, un refus au montage de
cette
serre d’élevage au motif que « le tunnel d’élevage n’a pas
d’utilité agricole » et que, « dans la zone NC du POS où se
situe l’exploitation, seules les constructions agricoles sont
autorisées ».
Devant
l’urgence, l’état sanitaire du troupeau se dégradant (attestation du
vétérinaire),
la Confédération Paysanne de Vaucluse décide d’aider Patricia au
montage de
ce tunnel, ce qui est terminé le 18 avril 2005.
Le
bailleur autorise Patricia à déposer un permis pour remettre la ferme
en état
et ce premier permis est refusé pour défauts techniques (mai 2005).
Le
bailleur dépose un 2ème permis le 6/09/05 qui est refusé car
il
manque un architecte.
Un 3ième
permis est déposé le 21 novembre 2005.
Entre
temps, au cours du conseil municipal du 2 septembre 2005, le maire
propose à
son conseil de déposer plainte contre Patricia pour violation d’un
règlement
d’urbanisme.
Plainte
est donc déposée (citation directe avec constitution de partie civile).
En
effet, il y a eu violation d’un règlement d’urbanisme mais qu’est ce
qu’un règlement qui ne reconnaît pas d’utilité
agricole à un tunnel d’élevage
abritant un troupeau appartenant à
une exploitante à titre principal
dont il est la seule source de revenu, dans une zone où les
constructions
agricoles sont autorisées ?
Le
permis déposé le 21 novembre 2005 par le bailleur, après avoir reçu
l’approbation de tous les services de l’état concernés, a été refusé
par le SDIS (le 21 février 2006) qui ne reconnaît pas, dans ce cas,
l’utilité
d’un troupeau pastoral dans la prévention des incendies. La seule
visite des
pompiers, au début 2006, faite en présence de Patricia a consisté à
jeter un
coup d’œil sans faire le tour de la propriété donc sans être en mesure
d’apprécier les avancées des parcs de pâtures qui sont les meilleurs
coupe
feu possibles. Le refus du SDIS comporte
une erreur car il qualifie la zone du Haut Quinsan
de « zone à haut risque incendie »
alors qu’il est à la limite de celle-ci.
Une
expertise pastorale a été réalisée par le CERPAM, le 22 février 2006,
sur
le conseil de Mr Michel Bayet, président de la commission environnement
du
Conseil Général de Vaucluse et elle démontre bien l’utilité du travail
réalisé
par l’éleveuse par la création de parcs. Le débroussaillage est bien
visible au bout d’un an.
Patricia
Carreaux a été jugée le
26 septembre par le tribunal correctionnel de
Carpentras. Elle a été condamnée, mais cette condamnation est à
analyser :
La
mairie avait demandé la démolition du tunnel avec 100€ par jour
d’astreinte en cas de retard ; le tribunal n’a pas ordonné la
démolition,
il a donc de ce fait officialisé le tunnel.
La
mairie avait ordonné le déménagement d’un mobil home qui est en réalité
une caravane où Patricia est bien obligée de loger. Le tribunal n’a pas
suivi.
Enfin,
la mairie avait demandé le démontage d’un Algéco qui n’a jamais
existé !!!
Patricia
Carreaux a été condamnée
à une peine symbolique de 800€ d’amende
avec sursis.
Mais
la sentence de la cour d’appel de Nîmes a infirmé ce jugement plutôt
humain…
Sa
situation actuelle : pas de
logement, pas de fromagerie, faute
de quoi elle ne peut pas gagner sa vie.
Et
la perspective de démolir le tunnel d’élevage, de perdre son métier et
son
statut d’agricultrice donc la DJA et de rembourser la TVA sur les
immobilisations (environ 3000€)
Elle a
toujours en tête l’affirmation du maire (orale, bien sur) :
« je
ne signerai jamais un permis ».
Elle
vit isolée, sans téléphone, le portable ne passe pas, et
le maire interdit la pose d'un poteau téléphonique sur la voie
publique, nécessaire à l'obtention d'une ligne fixe, malgré de
multiples
demandes.
L’avenir,
si rien n’est fait ? Une installation agricole de moins.
Un
retour au RMI pour une femme seule avec un enfant malgré l’effort
considérable
de formation (diplôme + stage), et l’effort financier (elle a investi
toutes
ses économies).
Nous
espérons que vous voudrez bien appuyer ce
dossier auprès des instances compétentes.
Nous
vous fournirons toutes les pièces que vous jugerez bon de demander.
Vous
pouvez dès maintenant trouver des compléments d’information sur le site
( http://perso.orange.fr/instal.pastorale/SoutienPat_index.htm
) créé avec le comité de soutien et nous sommes à votre disposition
pour
tout complément d’information.
Dans
l'espoir de votre appui, nous vous prions d'agréer, Monsieur le
Président,
l'expression de notre considération distinguée."
"La Confédération Paysanne de Vaucluse"
En définitive, aucune solution n'ayant été trouvée, Patricia a du quitter définitivement Venasque et a trouvé de nouveaux pâturages plus hospitaliers à Sault. Nous lui souhaitons toute la réussite et tout le bonheur possibles et regrettons qu'une fois de plus, dans cette lutte entre le pot de terre et le pot de fer, c'est ce dernier qui l'a emporté.
Après le départ à la retraite, en février 2005, du dernier receveur en titre à la Poste de Venasque, Mr Roquefort, les horaires d'ouverture de notre Poste se sont rétrécies comme peau de chagrin. Il ne s'agissait pas là de difficultés passagères de recrutement par l'Administration de la Poste, mais bien, ne nous y trompons pas, d'une politique appliquant les directives économiques de l'Europe, pour "rentabiliser" les services publics et, à terme (en 2009), les ouvrir entièrement à la concurrence d'entreprises privées. En pleine saison touristique, il a fallu se contenter de 2h d'ouverture, contre 6h au temps de Mr Roquefort, alors que la population de notre village doit au moins doubler pendant cette période, sans compter l'afflux quotidien de visiteurs! De plus, les guichetiers qui se sont succédés étaient peu ou pas du tout formés pour cet emploi. La qualité de l'accueil de l'un des plus beaux villages de France s'en est trouvée bien ternie.
Conscients de l'inquiétude de nos concitoyens, nous avons adressé, fin juillet, une demande d'explications de ce déplorable état de faits aux responsables de l'Administration de la Poste.
Par ailleurs, nous avons eu une entrevue avec le Maire, qui nous a assuré qu'il était, lui aussi, peu satisfait du fonctionnement actuel de la Poste et qu'il était intervenu de son côté, auprès de Mr Dominique Mariani, Chef de Groupement Postal de Vaucluse Nord, pour obtenir un allongement des horaires d'ouverture. Il nous a précisé que l'emploi de guichetier, assumé à l'époque par un concitoyen de notre village, était entièrement sous la responsabilité et à la charge de l'Administration de la Poste.
Fin août 2005 nous avons reçu une lettre explicative de Mr Pascal Dengreville, Directeur de la Poste de Vaucluse, en réponse à nos questions précédemment posées à l'Administration de la Poste. Il en ressortait que nos doléances concernant la durée d'ouverture quotidienne du bureau de Poste n'avaient pas été prises en compte. Seule une assurance d'un maintien de ce bureau dans l'avenir nous était promis... jusqu'au jour où l'Administration de la Poste estimerait que, devant la désaffection inévitablement entraînée par le raccourcissement des heures d'ouverture, " l’environnement du bureau ayant changé sensiblement", ce dernier n'était plus rentable et elle déciderait, en conséquence, d'opter pour une "des formules partenariales avec les communes (Agences Postales Communales) ou des commerces (Relais-Poste-Commerçant)", selon les termes mêmes de Mr Dengreville. L'expérience de l'application de ces dernières formules dans d'autres villes et villages montre qu'elles peuvent aboutir à l'obligation pour les municipalités de payer, en tout ou partie, les salaires et charges d'employés affectés à la tenue de ces "points- poste ".
Quoiqu'il en soit, l'amenuisement des services de la Poste imposait une gêne considérable aux usagers. De plus, la désaffection du bureau postal qui en découlait aurait des répercussions sur la vie économique de notre village (artisanats, commerces, hôtelleries, locations saisonnières, entre autres).
Devant cet état de fait, il nous a semblé indispensable que se fasse entendre plus fermement le mécontentement des usagers et leur attachement à un service public réellement au service du public. A cette fin, une pétition demandant un minimum de 4h d'ouverture du guichet a été mise en circulation, depuis notre Assemblée Générale, le 4 septembre 2005, afin de toucher le plus grand nombre possible des adhérents de notre Association, et, avec leur aide, le plus grand nombre possible d'habitants de notre village.
Début octobre, devant l'ampleur des résultats de cette campagne (plus de 450 signatures avaient été recueillies en moins d'un mois), nous avions décidé, afin de leur assurer un impact suffisant pour qu'ils débouchent sur quelque chose de concret, de tenir une conférence de presse, avant de remettre les pétitions aux autorités compétentes de la Poste. Cette conférence de presse s'est tenue à Venasque, le lundi 3 octobre 2005, dans la salle romane. Près de 60 personnes y ont assisté. La presse était représentée par La Provence et La Marseillaise et la radio par France Bleue. Nous n'avons pas pu remettre les pétitions, collectées à la date du 3 octobre, aux dirigeants de l'Administration de la Poste que nous avions invités, Mrs Ph. Clément, Directeur de la Poste de Vaucluse, et D.Mariani, Directeur de Groupement Postal de Vaucluse Nord, car ils n'étaient ni présents ni représentés. Le Préfet et le Sous-préfet de notre département ainsi que le Député de notre circonscription, Mr Ferrand, n'ont, eux non plus, pas répondu à notre invitation. Seuls étaient présents Mr Pantagène, Conseiller Général, et Mr Bézert, Maire de notre commune, dont les interventions sont allés dans le sens de notre action de défense de l'avenir de notre Poste. En conclusion de cette conférence de presse et en réponse à un journaliste qui demandait quelles actions notre Association envisageait par la suite, il a été précisé notre projet d'élargir le champ de notre action, par exemple en appelant les présidents de toutes les Associations venasquaises à s'associer à cette campagne de protestation soit en formant un Comité de défense de la Poste de Venasque, ouvert à tous nos concitoyens, membres ou non d'une de ces Associations, soit en se solidarisant publiquement de toute autre manière ( signatures de soutien ou autre type de parrainage) avec cette campagne.
L'Administration
de la Poste, absente à notre conférence de presse du 3 octobre, s'est
finalement manifestée en la personne de Mr D.Mariani qui,
lors d’une «
soirée clientèle » organisée
dans le village, le 18 octobre, a présenté les membres de son
équipe et
exposé les "grands projets de modernisation" de la Poste. Il a
abordé le sujet de la nouvelle organisation du bureau de Venasque, sans
dire un
mot de la campagne de pétitions en cours! Il a toutefois précisé qu’à
partir du 1er
décembre 2005 l’horaire quotidien d’ouverture serait augmenté d’une
demi-heure soit de 9h 30 à 12 h du lundi au samedi. Par ailleurs
une
heure supplémentaire serait envisagée pendant la saison
« touristique
» de
juin à septembre. Le mécontentement de l'assemblée s'est
manifesté
dans quelques interventions et
la réunion s'est achevée dans une atmosphère houleuse après la remise à
Mr D.Mariani
des quelques 470 pétitions déjà récoltées à cette date.
Ce
résultat prouvait toutefois que l'action engagée n’avait pas été
infructueuse,
mais nous ne pouvions nous contenter de la demi-heure qui a été
accordée et de
la promesse d'un supplément en "saison touristique".
En effet, un temps d’ouverture de 2h30 reste très inférieur aux besoins
réels
des usagers. A
la longue, ainsi que nous l'avons déjà souligné, la gêne entraînera une
désaffection induisant une baisse du
chiffre d’affaires qui pourrait alors servir de prétexte à la
suppression
d’un bureau «
non
rentable » et
contraindre la municipalité à prendre en charge le maintien d’un
point-poste, obligatoire dans une commune figurant parmi les plus
beaux villages
de France.
"...La récente adoption de la loi dite "de régulation postale et de modernisation du réseau des bureaux de poste" aboutit...à des non-sens regrettables.
Le village de Venasque, dans le Vaucluse, dont je veux , en particulier, ici, plaider la cause, double sa population en été et accueille un nombre impressionnant de visiteurs (Venasque a été porté à la distinction de "plus beau village de France" avec quelques autres rares communes "de haut intérêt touristique"), et c'est le moment que l'on choisit pour ramener les horaires d'ouverture de son bureau de poste à un seuil inacceptable contre lequel j'aimerais m'élever aux côtés des élus locaux et des associations du village qui ont saisi votre direction régionale contre la réduction des horaires d'ouverture du bureau de poste local (2h contre 6h auparavant). Négligeant ainsi la somme d'artisans, de structures d'accueil hôtelières et touristiques, d'exploitants agricoles, le doublement de la population estivale, ajoutés à la présence de l'important siège de Notre-Dame de Vie sur la commune, qui donnent à cette nouvelle restriction une dimension dramatique pour la vie économique du village qui se trouve injustement pénalisée.
Aussi, connaissant bien la réalité de ce village magnifique et plein de vie, je vous serais reconnaissant, Monsieur le Ministre, de bien vouloir demander à vos services la re-étude de la situation particulière de Venasque, fleuron touristique départemental, que vous ne pouvez décemment pas traiter comme un hameau éloigné de tout..."
Pour que la demande de Mr Pantagène ne reste pas lettre morte, il importait que notre action continue à faire pression auprès de l'Administration de la Poste. Aussi avons nous décidé de faire appel aux présidentes et présidents de toutes les associations venasquaises, ainsi qu'à des personnalités représentatives dans la vie de notre village, pour patronner, en quelque sorte, le mouvement de revendication de la population venasquaise. Nous les avons invitées, à cette fin, à une réunion le 23 novembre et un certain nombre ont répondu favorablement à notre invitation et ont signé une liste de soutien. D'autres personnes, empêchées d'assister à la réunion du 23 novembre, ont été contactées individuellement par la suite. Au total, 34 signatures ont ainsi été collectées sur cette liste (voir ci-dessous), avec, en particulier, les signatures de Mr Bézert, Maire de notre village, de Mr Pantagène, Conseiller Général de notre canton, de Mr François Mariani , président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Vaucluse.
|
LISTE DE SOUTIEN DE LA
REVENDICATION DES USAGERS DE LA POSTE DE VENASQUE POUR OBTENIR DES DURéES D'OUVERTURE DU GUICHET
CORRESPONDANT à
LEURS BESOINS Les soussignés, représentant les Associations venasquaises ou exerçant des fonctions en rapport avec la vie économique du village de Venasque, témoignent de leur soutien sans réserve de la pétition, signée par une large majorité de Venasquais (480 signatures recueillies à ce jour) et demandant le retour à une durée décente d'ouverture du bureau de Poste de Venasque, soit, au minimum, 4 heures toute l'année. Lors de la "soirée clientèle", organisée le 18 octobre à l'intention des usagers de La Poste, Monsieur Mariani, chef du Groupement Postal de Vaucluse Nord, a répondu à cette revendication en accordant une augmentation d'une demi-heure de la durée d'ouverture du guichet (2h30, au lieu de 2h actuellement et de 6h avant les nouveaux aménagements) à partir de décembre et une promesse d'envisager une heure de plus pendant la saison touristique, de juin à septembre. Les soussignés, tout en admettant qu'il puisse y avoir une modulation de la durée d'ouverture du guichet entre la basse saison et la saison touristique, estiment que 2h30 en basse saison sont notoirement insuffisantes et, par ailleurs, tiennent à préciser que la saison touristique est balisée par les dates d'ouverture (Pâques) et de fermeture (la Toussaint) de l'Office du Tourisme de Venasque, soit, en moyenne, 7 mois de l'année et non 4 mois comme proposé. En conséquence, les soussignés demandent fermement que soient réévaluées sérieusement à la hausse les durées d'ouverture de la Poste et qu'une réponse claire, et non des promesses, soit donnée sur ce sujet. |
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Arlaud Muriel, présidente de la bibliothèque "La Venasquaise"; Azzopardi Marianne, présidente du "Comité des Fêtes"; Azzopardi Alain, gérant de "Pierres et Jardins"; Bernardi Thierry, artisan plombier chauffagiste; Bezert Gaby, Maire de Venasque; Bezert Patrick, président de "La Vigie de Venasque"; Bres Sylvie, directrice administratrice de "Bress SA Electricité"; Bres Jacques, gérant de "Lumière Son Vidéo"; Bozonnet, artisan commerçant boulanger; Charpentier Alain, président de l'Office du Tourisme; Charroin Patrick, hôtelier, "La Garrigue"; Cornut Jean-Marie, artisan électricien, gérant de "I.D.E.M."; Dianoux Alain, président de "Ventoux Sport Organisation"; Drouin Daniel, artiste licier; Drouin Hervé, artiste potier; Favier Francis, président des "Amis de Venasque"; Galli Jean-François, administrateur de l'"Association Escambeau" (N-D. de Vie); Gallo Raymond, artiste peintre;
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Kurzawinski Pascal, président du "Foyer Laïque": Lemen Jean-François, hôtelier restaurateur, "Les Remparts"; Mariani François, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Vaucluse; Meysen Alain, président de la "Société de Chasse La Diane"; Moreau Alain, président de "Sauvegarde de l'église"; Neff Rémy, président de l'"Association des Jeunes de Venasque"; Pantagene François, Conseiller Général; Roure Marie, commerçante, "épicerie, tabac, journaux"; Soehlke Christian, gérant de l'"Hôtel Restaurant de la Fontaine"; Soehlke Ingrid, présidente du "Tennis club de Venasque"; Tribeaudot Françoise, directrice de la "Résidence du Quinsan"; Valvo Salvadore, artisan, "Garage de la Nesque"; Vanderbroecke Christian, artisan menuisier, "Ets M.C.A.": Viard Etienne, artiste sculpteur; Vinchon Edith, présidente de la "Longo Vido" |
Mr Pantagène nous ayant communiqué, fin décembre, les réponses qu'il avait reçues de l'Administration de La Poste et du Ministre délégué à l'Industrie, réponses constituant, en fait, des fins de non recevoir, nous avons décidé d'envoyer à ce même ministre une lettre ouverte, accompagnée d'une copie de la liste de soutien ci-avant. Ces documents ont été communiqués à la presse et à la radio locales. Ils ont également été envoyés à un certain nombre d'élus (7) siégeant dans la Commission Départementale de Présence Postale Territoriale, chargée de surveiller les "réorganisations" engagées par l'Administration de La Poste. Quatre d'entre eux, dont le Président de la Commission, nous ont répondu favorablement en nous promettant d'intervenir auprès de La Poste.
|
LETTRE
OUVERTE à L'ATTENTION DE MONSIEUR LE
MINISTRE DÉLÉGUÉ à
L'INDUSTRIE Monsieur le Ministre, Fin octobre 2005, Mr F. Pantagene, Conseiller Général de Vaucluse, se solidarisant avec le mouvement de protestation d'une large majorité de Venasquais contre la réduction brutale de la durée d'ouverture du guichet de leur Poste (passée de 6h à 2h, depuis le 1er juillet), vous a adressé une requête afin que vous interveniez auprès de la Direction Générale de La Poste, dont vous êtes le Ministre de Tutelle, pour obtenir une révision de cette mesure drastique qui sanctionne lourdement la population venasquaise et, à terme, ne peut avoir que des conséquences néfastes pour la vie économique de notre village. Votre réponse, que Mr F. Pantagene nous a aimablement communiquée, s'appuie sur des explications que vous a fournies l'Administration de La Poste et constitue une fin de non recevoir. Nous voudrions attirer votre attention sur le fait que les informations qui ont motivé votre jugement ne nous semblent pas refléter fidèlement la réalité. En page 2 de votre réponse, nous relevons en particulier: "…S'agissant plus précisément du bureau de Poste de Venasque…une
concertation approfondie a été menée par les responsables de La
Poste du Vaucluse, directement avec le Maire de Venasque… A l'issue de la dernière rencontre entre le directeur de
La Poste du Vaucluse, le Maire de Venasque et son Conseil
Municipal, les représentants d'associations locales, les 80 principaux
clients (?) de cet établissement et des commerçants de
cette commune, un élargissement d'une demi-heure quotidienne à partir du mois de décembre 2005 a été
validé, pouvant être porté à une heure en période estivale." Comment expliquer alors, après une si parfaite concertation organisée par l'Administration de La Poste, que la plupart des personnes concernées dans la rencontre citée ci-dessus, le Maire, le Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Vaucluse, les Présidentes et Présidents de la quasi totalité des Associations venasquaises, la Directrice de l' importante Maison de Retraite (plus d'une centaine de résidents) sise à Venasque, l'Administrateur d'une non moins importante communauté religieuse, des dirigeants de P.M.E., les commerçants, artisans, artistes, hôteliers et restaurateurs ont, à notre appel, constitué, à la suite de cette réunion, une liste de soutien de la pétition précédemment signée par plus de 480 Venasquais qui demandent une durée d'ouverture de leur bureau de Poste de 4h, au minimum, toute l'année? Force est de constater que, en contradiction avec son souci affiché de concertation, l'Administration de La Poste reste sourde aux protestations de ses usagers, indiquant ainsi clairement qu'elle a fait le choix de favoriser ses "clients" offrant les perspectives les plus lucratives au détriment des simples "usagers" qui ne présentent pas le même intérêt financier. En cela elle rompt avec sa logique de mission de service public: assurer, en tout temps et en tout lieu, un service de qualité égale et au même coût, accessible à tous. La population venasquaise attend de votre part, en tant que Ministre de Tutelle de La Poste, de bien vouloir, au vu des précisions que nous venons d'exposer, réviser votre jugement et intervenir en conséquence. Ne la décevez pas. Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre considération. Ce 31 janvier 2006, au nom des 480 signataires de la pétition venasquaise pour le retour à une durée de l'ouverture du guichet de leur Poste conforme à leurs besoins, le Président des Amis de Venasque, F.Favier |
Début
février 2006, le chef du bureau des cabinets du Ministre délégué à
l'industrie
nous signalait avoir transmis notre réclamation à l'Administration de
La
Poste, laquelle nous adressait un courrier, à la mi-mars, courrier dont
la
teneur constitue, une fois de plus, une fin de non-recevoir de nos
doléances.
Droite dans ses bottes, l'Administration, opposant un mépris souverain
à la pétition
signée par près de 500 venasquais, continuait à affirmer que ses
décisions
étaient justifiées
par une étude "sérieuse" de la fréquentation de notre bureau de
Poste, étude dans laquelle La Poste est à la fois juge et partie, et
étaient le
fruit d'une "concertation approfondie",
entre autres avec le Maire, alors que les trente quatre
signataires de la liste
de soutien, dont le Maire, contredisaient sans conteste cette
soi-disant concertation. Mieux même,
l'Administration dévoilait, sans aucun complexe, le fond de sa pensée
dans le
paragraphe suivant de sa réponse:
"…la
présence postale sur le territoire doit passer par une adaptation du
réseau
aux spécificités locales. Dans ce cadre, La Poste propose aux élus
locaux
concernés d'installer une agence postale communale dans les locaux de
la
mairie… Une adaptation de la présence postale sous convention de
partenariat à Venasque pourrait apporter une solution à la demande de
certains
( sic...) habitants pour des horaires de service plus élargis…"
Donc,
d'après l'Administration de La Poste, si "certains" ( soit au
moins les 500 signataires de la pétition...!) habitants de Venasque
sont mécontents des services de leur Poste,
qu'ils payent déjà par le biais des impôts, ils n'ont qu'à payer
une deuxième
fois s'ils veulent être satisfaits, car la prise en charge par la
Mairie
d'horaires de service plus élargis se répercutera, inévitablement, sur
les
impôts locaux.
à la suite des interventions du Président de la Commission Départementale de Présence Postale Territoriale, Mr Xavier Bernard, conseiller général, et d'autres membres de cette même Commission, en particulier Mme Cécile Helle et Mr Frédéric Meyer, conseillers régionaux, alertés précédemment par nos soins, l'Administration de La Poste a accepté que soient réétudiées, lors de la session de ladite Commission, le 16 mai, à laquelle serait invité notre Maire, les conditions de présence de La Poste à Venasque. Cette décision pouvait nous laisser quelque espoir d'un geste favorable de La Poste à notre égard. Mais, pour que le caractère objectif de cette confrontation soit assuré, il importait, à notre avis, qu'y assistent, en plus du Maire, des signataires de la liste de soutien de la revendication des usagers de La Poste de Venasque, tels que Mr François Pantagene , Conseiller Général, Mr François Mariani, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Vaucluse, Mr Alain Charpentier, président de l'Office du Tourisme, et Mr Francis Favier, président de notre association. Nous sommes donc intervenu en ce sens auprès du Maire et auprès du Président de la Commission, Mr Xavier Bernard. Ce dernier nous a répondu que les sessions de la Commission de Présence Postale se déroulaient à huis clos et que ce n'était qu'exceptionnellement qu'une personne étrangère pouvait y assister, en l'occurrence le Maire de Venasque.
Dans ces conditions il était évident qu'il ne sortirait rien de très satisfaisant de cette réunion. D'autant que les représentants de La Poste se retranchaient derrière une concertation antérieure "très approfondie" avec le Maire (en particulier lors de rencontres le 24/11/2004, le 19/5/2005 et le 4/8/2005), dont la teneur exacte ne nous n'a pas été communiquée. En définitive, La Poste n'a concédé (sic) que la mise en application de la promesse qu'avait faite Mr D.Mariani, Chef de Groupement Postal de Vaucluse Nord, lors de la "soirée clientèle" du 18 octobre 2005, d'une demi-heure supplémentaire d'ouverture du guichet lors de la "saison touristique" de juin à septembre. Le bien fondé de la demande exprimée dans la liste de soutien de la revendication venasquaise et précisant que la saison touristique était balisée par les dates d'ouverture de l'Office du Tourisme, soit d'avril à octobre inclus, a été superbement ignoré.
Enfin, il a été de nouveau proposé au Maire, pour augmenter la durée d'ouverture du guichet, une solution de "partenariat ", qui signifie, dans un premier temps, une participation financière partielle de la municipalité, pour aboutir, dans un délai plus ou moins rapproché, à la prise en charge totale du fonctionnement du "point poste". Il importe de rester très vigilant sur ce sujet et, en particulier, de ne pas donner à l'Administration postale le prétexte de baisse de la fréquentation du bureau postal pour imposer la formule du partenariat.
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Le
Syndicat
Intercommunal des eaux Rhône-Ventoux (le S.M.E.R.R.V., Syndicat Mixte
des Eaux Région Rhône-Ventoux,
anciennement dénommé S.I.R.V.) est constitué par les délégués élus
(2 par commune) dans 35 communes autour de Carpentras. Il a pour rôle
la
gestion de la distribution et du traitement des eaux usées pour ces
communes. A
ce titre il a signé, début 2002, le renouvellement des conventions
d’affermage passées en 1993 avec la S.D.E.I., filiale de la Lyonnaise
des
Eaux puis de Suez, malgré la condamnation de leur illégalité par les
tribunaux.
Cette
condamnation est
venue à la suite de 2 procédures
principales indépendantes : le procès devant le Tribunal de
Grande
Instance de Carpentras, intenté par M.Maurin, maire de Mormoiron et
l’Union Fédérale des Consommateurs, contre le S.I.R.V., en
1996, et le procès intenté, devant le Tribunal Administratif de
Marseille,
par un Collectif des usagers de l’eau d’Entraigues contre la S.D.E.I.,
en 1998. A ces deux procédures s’ajoutent
un rapport de la Cour des Comptes épinglant un certain nombre
d’irrégularités
dans les activités du S.I.R.V. de 1992 à 1994 et
deux interventions du Préfet de Vaucluse en 2002.
Toutes ces
procédures ont abouti, de fait, à dénoncer
l’illégalité des contrats d’affermage passés en 1993 et reconduits en
2002 entre le S.I.R.V. et la S.D.E.I.
1/ Procès M. Maurin, maire de Mormoiron, et
Union Fédérale
des Consommateurs contre le Syndicat Rhône-Ventoux
En 1996, une
plainte contre X, était déposée par
M.Maurin, maire de Mormoiron, et l’Union Fédérale des Consommateurs
(sise en
Avignon), pour l’irrégularité des contrats passés en 1993 entre le
S.I.R.V.et la S.D.E.I.. Les plaignants s’appuyaient sur un rapport de
la
Chambre Régionale des Comptes de P.A.C.A, qui relève un grand nombre
d’anomalies dans la gestion du Syndicat, et dénonçaient, de plus, un
faux en écriture qui, par une anti-datation inscrite en surcharge sur
la date réelle
( « mars » écrit en
surcharge sur « mai » ), avait permis au S.I.R.V. de
faire accepter le marché passé, sans appel d’offres, avec la S.D.E.I.,
en échappant
à la loi Sapin mise en application à partir du 31 mars 1993. Le
tribunal de
Grande Instance de Carpentras ordonnait une expertise, qui
confirmait la
falsification d’écritures. Cependant, après un certain nombre de
rebondissements de procédure, le T.G.I., tout en reconnaissant les
faits, délivrait,
en mai 2002, une ordonnance de non-lieu en invoquant, entre autres
subtilités
procédurières, le motif suivant : le délit de favoritisme ne
pouvait
viser qu’une personne physique (en l’occurrence, le président du
Syndicat,
G.Pellenc, à l’époque),
car les faits reprochés étaient antérieurs à la
loi adoptée en 1994 permettant de poursuivre des personnes morales (le
Syndicat
et son dirigeant actuel, le président H.Adam). G .Pellenc ayant décédé
en 1995, l’action de la Justice s’éteignait !!!!
2/Procès du Collectif des usagers de
l’eau d’Entraigues
contre la S.D.E.I.
Le 27 janvier 1998,
à la suite d’une plainte (fondée
sur les mêmes irrégularités que
le procès précédent), déposée par un collectif d’usagers des eaux
d’Entraigues
( soutenus par leur Maire et par le Maire de Mormoiron) auprès du
Tribunal d’Instance
de Carpentras, ce dernier sursoit à statuer jusqu’à ce que la
juridiction
administrative se soit prononcée.
Le 19 mars 2002, le
Tribunal Administratif de Marseille
déclare illégaux les deux contrats pour l’eau et l’assainissement
passés
entre la S.D.E.I. et le S.I.R.V.
Entre-temps, le
Préfet de Vaucluse, relancé par
Entraigues, à la suite de la décision du Tribunal Administratif du 19
mars
2002, a demandé au S.I.R.V. de régulariser par appel d’offres
publiques, la passation des marchés de distribution et d’assainissement
des
eaux (ainsi que l’exige la loi Sapin). Cependant, le Président du
Syndicat Rhône-Ventoux,
Helen Adam (qui est
également l'un des deux délégués de Venasque, l'autre
étant le Maire, Gaby Bézert),
dédaignant complètement les décisions du
Tribunal Administratif et les adjonctions du Préfet, a reconduit, le 7
mai
2002, les contrats
passés, en 1993, avec la S.D.E.I., toujours sans procéder à un appel
d’offres. Aussi, le Préfet a-t-il dû saisir, en juillet 2002,
le Tribunal Administratif de Marseille d’une requête en référé
demandant la suspension des nouveaux contrats d’affermage ainsi que
leur
annulation. Le Tribunal Administratif, par ordonnance du 6 août 2002,
s'était
déjà prononcé pour la suspension de ces contrats, en attendant de
statuer sur
leur annulation. Le 13 novembre 2002, la requête de la S.D.E.I.
auprès du
Conseil d’État a été rejetée. Les contrats passés entre la S.D.E.I. et
le
S.I.R.V. ont donc été déclarés définitivement illégaux.
Il faut noter que la commune de Venasque n’a pas, pendant assez longtemps, suivi le S.I.R.V. en ce qui concerne le traitement collectif des eaux usées, puisque elle avait confié cette activité à Ruas et non à la S.D.E.I., réalisant ainsi une économie de plus de 1,5 € sur le prix d'assainissement du mètre cube d'eaux usées ( d'après ce que nous avait dit le Maire avec qui nous avions eu une entrevue sur le sujet qui nous préoccupe). Malheureusement, depuis la fin de l'année 2007, la municipalité a opté pour une autre entreprise, qui serait une filiale de la S.D.E.I., pour le traitement des eaux usées et les prix ne sont plus les mêmes!
Certaines communes obtiennent des tarifs avantageux., soit en renégociant les contrats passés avec les grandes sociétés d’eau , soit en adoptant des régies directes (par exemple, Pertuis a réalisé une économie de 25%).
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